Le contexte :

Pour s’assurer une descendance, Napoléon se sépare de Joséphine de Beauharnais et décide d’épouser Marie Louise d’Autriche. Le peuple français demeurant hostile à cette nouvelle alliance et à cette « Autrichienne » qui évoque par trop la Révolution, l'empereur décide alors de marquer l'événement de son mariage dans tout le pays par des actes de générosité et de bienveillance.
Il permet la libération des détenus qui ne le sont plus que pour le non-paiement des amendes, la possibilité d'élargissement pour les individus emprisonnés pour dette fiscale, la suppression des dettes envers le bureau des nourrices du département de la Seine ainsi qu'une large amnistie en faveur des déserteurs.
Et également donc le Titre IV, « Du Mariage de six mille Militaires », qui permet à six mille soldats en retraite des campagnes révolutionnaires ou napoléoniennes de prendre une épouse à laquelle l'État remet une dot de 600 ou 1 200 francs.

Vous trouverez à l’adresse ci-dessous la liste par départements des mariages déjà répertoriés.
Liste des mariages
Vous pouvez aussi vérifier sur les actes de mariage du 22 ou 23 avril 1810. (Certains ont eu lieu plus tard dans l’année.) Les termes y sont très explicites.

Titre IV - Du mariage de six mille Militaires
5. Six mille militaires en retraite, ayant fait au moins une campagne, seront mariés le 22 avril prochain, avec des filles de leurs communes, auxquelles il sera accordé une dot de douze cent francs pour Paris, de six cents francs dans le reste de l'Empire, à savoir :
• soixante dans la ville de Paris,
• dix dans chacune des villes dont l'état est annexé au présent décret (A) ;
• cinq dans chacune des villes dont l'état est annexé au présent décret (B) ;
• deux dans chacune des villes dont l'état est annexé au présent décret (C) ;
• un dans chacune des justices de paix de l'Empire.

6. Les militaires et les filles à marier seront choisis de la manière suivante, à savoir :
• Pour la ville de Paris, par délibération du conseil général faisant fonction de conseil municipal, approuvée par le préfet.
• Pour les villes chefs-lieux de département, par délibération du conseil municipal, approuvée par le préfet.
• Pour les villes qui ne sont pas chefs-lieux de département, par délibération du conseil municipal, approuvée par le sous-préfet.
• Pour les justices de paix, par une commission composée de deux maires et de deux curés désignés par le sous-préfet, et du juge de paix, qui présidera la commission et la réunira dans son domicile.
7. Les communes qui ne seraient pas comprises dans les articles précédents, pourront, sur la délibération du conseil municipal, approuvée par le sous-préfet, marier un militaire et une fille de la commune, en se conformant, pour le choix et pour la quotité de la dot, aux dispositions ci-dessus.

Ce billet a été rédigé par Martine Lambert co-présidente de l'UNTL