Université Nyonsaise du Temps Libre Drôme Provençale et Baronnies 

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MARQUEE - Exemple simple

« Mon violon m’a sauvé la vie ».

La guerre embarque tous les hommes, sans y regarder de si près. Paysans, ouvriers, intellectuels et artistes sont ainsi jetés pèle mêle dans la fournaise sanglante. Mais il y a des situations singulières, des situations qui permettent à des soldats – en général des artistes – de s’en sortir mieux que d’autres. Il a suffi qu’un jour de juin 1915, après les apocalyptiques combats de l’Artois, qu’un colonel (le colonel Valzi) dise à un soldat qui en avait réchappé (le violoniste Lucien Durosoir) : « Si nous devons passer l’hiver ici, je voudrais que vous formiez un quatuor à cordes». Le destin du soldat musicien bascule à cet instant : le voilà reconnu comme artiste et invité à jouer devant le général de la division (Charles Mangin) et ses officiers. Jouer son grand répertoire avec d’autres musiciens, comme lui de très haut niveau, jouer et découvrir toujours des œuvres nouvelles. Jouer, certes, mais seulement après les combats, lorsque la division se retire à l’arrière du front pour quelques jours ou pour une période d’un mois (plus rarement). Cinq musiciens de renommée internationale ont ainsi échappé à l’horreur et traversé cette guerre en y vivant une double vie, une double identité : ils demeurent des soldats qui accomplissent quotidiennement leur tâche de soldat, en même temps qu’ils redeviennent des artistes, reconnus par la hiérarchie militaire et qui attend leur musique avec impatience. La barbarie sœur de l’art ; le sublime frère de l’horreur : tels sont les paradoxes de cette histoire dont Lucien Durosoir écrivait à sa mère : « Mon violon m’a sauvé la vie ».

Luc Durosoir, présente une conférence sur son père, Lucien Durosoir :

le Jeudi 26 juin 2014

à 15 heures

à la Maison de Pays à Nyons